22 septembre 2012, première journée mondiale anti-fracturation / Global Frackdown

Drummondville

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La situation en Europe

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Malgré que le tome II du même rapport donne une bonne note au gaz de schiste sur ses effets sur les changements climatiques, c’est sans compter les nombreuses fuites de gaz pendant l’exploration, l’exploitation et après. – jroy

Article tiré de LaPresse.ca: http://www.lapresse.ca/environnement/pollution/201209/21/01-4576504-rapport-inquietant-sur-le-gaz-de-schiste-en-europe.php

Publié le 22 septembre 2012 à 05h00| Mis à jour le 22 septembre 2012 à 10h17

Rapport inquiétant sur le gaz de schiste en Europe

L'exploitation du gaz de schiste présente entre autres... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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L’exploitation du gaz de schiste présente entre autres un risque élevé de contamination des eaux souterraines, indique un nouveau rapport européen.

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Charles Côté
Charles Côté
La Presse
 

L’exploitation du gaz de schiste pose des «risques élevés» pour le sol, l’air, l’eau de surface et l’eau souterraine, selon un nouveau rapport rédigé à la demande de l’Union européenne et rendu public au début du mois.

Cette étude paraît alors que quelques pays européens, dont la Pologne et l’Angleterre, envisagent d’exploiter cette ressource afin de remplacer les champs gaziers traditionnels locaux qui s’épuisent ou de s’affranchir des importations.

D’autres nations, comme la France et la Bulgarie, estiment de leur côté que la technique de fracturation hydraulique nécessaire pour extraire le gaz de schiste est trop risquée pour le moment.

Le nouveau rapport, rédigé par un consortium de cinq firmes de consultants, penche du côté des pays plus prudents. En particulier dans le contexte européen, où la population est très dense. En effet, l’intensité des champs gaziers risque de causer des dommages irréversibles à l’agriculture et de nuire de façon permanente aux autres usages du sol et du milieu, comme le tourisme et la villégiature.

 

«Il faudra environ 50 puits de gaz de schiste pour remplacer un seul puits gazier de la mer du Nord», note le rapport.

Les auteurs calculent que l’industrie gazière occuperait à elle seule 1,4% du territoire au-dessus d’un gisement, alors que d’autres usages comme l’habitation, l’industrie et le transport n’occupent ensemble que 4% du territoire européen. C’est l’unique élément recevant la cote de risque «très élevé» dans le rapport.

Par ailleurs, les auteurs estiment que le risque de contamination des eaux souterraines est «élevé», compte tenu des accidents et des défauts qui peuvent altérer le coffrage des puits de gaz de schiste. Risques qui sont multipliés du fait que les puits eux-mêmes sont très nombreux. En outre, ils n’écartent pas la possibilité que des fractures naturelles dans le sous-sol produisent des contacts entre les zones fracturées par l’industrie et les nappes d’eau potable.

La pollution de l’air due à la machinerie lourde nécessaire à l’exploitation du gaz de schiste est également ciblée comme un risque «élevé».

L’ensemble des activités de l’industrie comporte aussi un risque «élevé» pour la biodiversité, en raison de la pollution et de la fragmentation des habitats.

Le rapport décèle plusieurs lacunes dans la réglementation actuelle en Europe. Il recommande de s’inspirer des mesures mises en place aux États-Unis et au Canada afin de mitiger certains de ces risques.

Deux fois mieux que le charbon

Dans le deuxième tome de ce même rapport, toutefois, le gaz de schiste reçoit une bonne note pour son impact sur le climat mondial.

Les auteurs rejettent notamment les conclusions du professeur Robert Howarth, de l’Université Cornell, fréquemment citées par les opposants au gaz de schiste, selon lesquelles cette ressource est pire que le charbon en matière de gaz à effet de serre (GES).

D’après l’étude européenne, le gaz de schiste causerait l’émission d’un peu plus de 400 grammes de GES par kilowattheure d’électricité. C’est deux fois moins que le charbon. Et il s’agit d’un niveau comparable au gaz importé de Russie ou aux importations de gaz naturel liquéfié.

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Journée mondiale anti-fracturation

Des militants anti-gaz de schiste de partout dans le monde ont décrété qu’aujourd’hui sera la première Journée mondiale contre la fracturation hydraulique, cette technique nécessaire à l’extraction du gaz de schiste. Au Québec, les comités de citoyens de la vallée du Saint-Laurent se sont donné rendez-vous à Drummondville. L’élection du Parti québécois et les déclarations de la nouvelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, plantent un tout nouveau décor pour ce mouvement de contestation. «Un peu comme en Europe, l’arrivée des verts au pouvoir a vraiment changé les choses, dit Kim Cornelissen, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), qui participe à la réunion d’aujourd’hui. Mais c’est un gouvernement minoritaire, et on veut le soutenir pour qu’il passe aux actes. Ce serait génial que le Québec fasse comme la France. Et si on est ferme sur cette question, ça aura plus d’impact à l’international. Il y a un effort de solidarité à faire. Il y a 42 pays qui ont du gaz de schiste et c’est la même guerre d’information partout.»

Fracturation Hydraulique pour le pétrole de Gaspésie

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Article tiré de LaPresse.ca / Le Soleil: http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/les-regions/201209/21/01-4576423-exploration-petroliere-un-moratoire-demande-en-gaspesie.php

Publié le 22 septembre 2012 à 05h00| Mis à jour le 22 septembre 2012 à 05h00

Exploration pétrolière: un moratoire demandé en Gaspésie

En janvier, Pétrolia déplacera sa foreuse du secteur... (Photo Geneviève Gélinas, collaboration spéciale)

En janvier, Pétrolia déplacera sa foreuse du secteur Bourque, près de Murdochville, vers Haldimand, à Gaspé.

Photo Geneviève Gélinas, collaboration spéciale

Geneviève Gélinas, collaboration spéciale
Le Soleil
 

(Gaspé) Des manifestants exigeront samedi à Gaspé que le moratoire annoncé sur le gaz de schiste s’étende à l’exploration pétrolière.

Les militants profitent de la journée mondiale contre la fracturation pour se rassembler à 11h au bout de la rue Forest, dont les résidences sont à 350 mètres du prochain forage de Pétrolia.

La porte-parole du comité Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé, Lise Chartrand, se dit «déçue» des premières décisions du gouvernement Marois, qui préconise un moratoire complet sur le gaz de schiste et une étude du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, mais sans mentionner le pétrole gaspésien.

«La situation vécue en Gaspésie est tout aussi intolérable que celle que s’apprêtaient à vivre les populations [des basses terres du Saint-Laurent], déclare Mme Chartrand par communiqué. Pétrolia a écrit elle-même dans les journaux locaux et sur son site qu’elle allait recourir à la fracturation.»

 

Gaétan Lelièvre, ministre délégué aux Régions et responsable de la Gaspésie, juge l’emplacement du forage «extrêmement préoccupant». «J’en ai discuté à la première réunion du Conseil des ministres. Je les ai sensibilisés à la manifestation», dit-il.

Le programme du Parti québécois prévoit «donner les pouvoirs aux municipalités pour la gestion des mines et des hydrocarbures sur leur territoire urbanisé», rappelle M. Lelièvre. Pour lui, «c’est clair» que le secteur d’Haldimand fait partie de ce territoire.

Hors des municipalités

Le maire de Gaspé, François Roussy, maintient la position adoptée par son conseil en février 2011. «Il faut mettre [l’exploration et l’exploitation pétrolière] en dehors des limites des municipalités.» Les compagnies peuvent explorer les «85 %» de territoire non habité en Gaspésie, juge le maire, mais les «15 % habités» doivent être protégés.

Pétrolia détient déjà un permis pour forer Haldimand n° 4, et a creusé deux puits dans le même secteur. La municipalité ne portera pas l’odieux de retirer un permis accordé, croit le maire Roussy. «C’est Québec qui a donné le permis à Pétrolia, c’est Québec qui peut le lui enlever.» Les pouvoirs des municipalités s’appliqueront aux futures demandes, estime le maire.

Isabelle Proulx, vice-présidente de Pétrolia, affirme que «toute notre énergie est mise à démontrer qu’on peut produire sans fracturation», même si cette méthode n’est pas exclue.

«Politiquement, je vais me fier non pas à ce que les ministres disent, ajoute Mme Proulx, mais à Mme Marois, qui a déjà dit qu’elle voulait du pétrole d’ici, pour notre indépendance énergétique.»

Le temps est à notre réduction de consommation d’énergie

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Article tiré de Radio-Canada.ca, voir aussi le reportage télévisé au: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/09/24/011-gaz-metro-schiste.shtml

Gaz Métro envisage d’importer plus de gaz de schiste au Québec

Mise à jour le lundi 24 septembre 2012 à 21 h 54 HAE
  |  Florent DaudensTwitter  |  Radio-Canada
 
Ravitaillement d'un camion roulant au gaz naturel Ravitaillement d’un camion roulant au gaz naturel

Alors que le gouvernement Marois a annoncé un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste au Québec, Gaz Métro demande à la Régie de l’Énergie d’approuver un plan d’approvisionnement qui pourrait augmenter ses importations de gaz de schiste des États-Unis, de 2013 à 2015.

La semaine dernière, la nouvelle ministre québécoise des Ressources naturelles, Martine Ouellet, semblait fermer définitivement la porte à la production de gaz de schiste. « Je ne vois pas le jour où des technologies permettront une exploitation sécuritaire », a-t-elle soutenu.

Or, du côté de la distribution, Gaz Métro importe actuellement du gaz de schiste, sans être en mesure de chiffrer la proportion. Le distributeur exclusif de gaz au Québec s’intéresse néanmoins de près aux gaz de schiste du nord-est américain dans son plan déposé à la Régie de l’énergie. L’entreprise a refusé de commenter ce plan en arguant qu’il est actuellement examiné par les autorités, mais celui-ci fournit moult détails sur les intentions de Gaz Métro.

En effet, elle compte concentrer la majorité de ses achats au point gazier de Dawn, dans le sud de l’Ontario. Ce carrefour va devenir de plus en plus connecté à plusieurs bassins de gaz de schiste du nord-est américain, estime Gaz Métro. Il est question du bassin de Marcellus, qui est en voie de devenir le plus grand bassin de gaz de schiste en Amérique du Nord, et de celui de l’Utica, en Ohio, qui devrait aussi connaître une croissance importante.

Ces projets illustrent la transformation en profondeur du marché aux États-Unis, un pays traditionnellement importateur de gaz, qui se transforme en exportateur, comme le note Gaz Métro.

« La production de gaz naturel aux États-Unis a augmenté de 29 % entre janvier 2007 et décembre 2011. En 2011, la production de gaz de [schiste] représentait 37 % de la production globale de gaz naturel aux États-Unis. La firme PIRA estime que cette portion passera à 43 % en 2012. » — Plan d’approvisionnement de Gaz Métro

En outre, la production de gaz naturel dans l’Ouest canadien diminue, et le gaz de schiste s’avère de plus en plus utilisé par l’industrie des sables bitumineux.

Le « paradoxe énergétique » du Québec

Au final, les clients de Gaz Métro pourraient donc brûler plus de gaz de schiste, importé des États-Unis. « Au Québec, on a un paradoxe énergétique où on refuse certaines choses en l’utilisant. Inévitablement, il va arriver plus de gaz de schiste au Québec si on s’approvisionne davantage au Québec », estime Pierre-Olivier Pineau, expert en politiques énergétiques à HEC Montréal.

« Si on veut des sources de gaz naturel à bon marché, on est obligé d’aller sur le marché américain, et canadien dans une certaine mesure. Mais même au Canada et surtout en Colombie-Britannique, ce qui se développe beaucoup, c’est le gaz de schiste. Donc, on ne peut pas passer à côté du gaz de schiste. C’est controversé, mais on n’a pas de jugement final sur ce type de gaz. » — Pierre-Olivier Pineau, expert en politiques énergétiques à HEC Montréal

Prudence du côté des groupes environnementaux

Du côté des groupes environnementaux, Dominique Neuman, avocat pour l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, estime que la part de gaz de schiste chez Gaz Métro s’avère faible. Et d’ajouter que pour certaines utilisations « ciblées », le gaz naturel peut s’avérer préférable à d’autres sources d’énergie.

« Jusqu’à présent, nous avons exprimé un certain appui au gaz naturel. Si la proportion de gaz de schiste dans le gaz naturel distribué au Québec vient augmenter, c’est certain que nous allons réviser notre position. » — Dominique Neuman, avocat pour l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique

Pierre-Olivier Pineau note que plusieurs sources de gaz naturel renouvelable existent. « Si les Québécois veulent vraiment une filière propre, c’est possible ». À un coût qui reste toutefois à chiffrer. Il cite en exemple le biométhane, qui pourrait atteindre une part de 5 à 10 % des approvisionnements de Gaz Métro. À ce sujet, l’entreprise dit vouloir « continuer de suivre de près le développement de l’industrie ».

Quant à l’augmentation de la consommation d’électricité pour diminuer celle du gaz, elle aurait un effet de balancier, croit le chercheur : Hydro-Québec serait moins en mesure d’exporter, ce qui pourrait entraîner une hausse de la consommation de gaz dans d’autres États ou provinces. Reste une autre solution, mentionne M. Pineau : réduire la consommation d’énergie.

De son côté, la Régie de l’énergie examinera le dossier de Gaz Métro en novembre prochain.

Pas d’impact important pour les gazières

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Article tiré de LaPresse.ca: http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201209/24/01-4577156-gaz-de-schiste-le-patron-de-questerre-se-veut-rassurant.php

Gaz de schiste: le patron de Questerre se veut rassurant

Publié le 24 septembre 2012 à 19h04 | Mis à jour le 24 septembre 2012 à 19h04

Le patron de Questerre Energy, Michael Binnon.... (Photo Alain Roberge, La Presse)

Photo Alain Roberge, La Presse

Le patron de Questerre Energy, Michael Binnon.

  •  Sylvain LarocqueLa Presse Canadienne
    Montréal

Le grand patron de Questerre Energy, Michael Binnion, a assuré lundi que l’intention du gouvernement Marois d’interdire toute exploitation du gaz de schiste au Québec n’allait pas nuire au plan d’affaires de la compagnie d’exploration.

Dans un communiqué, M. Binnion a indiqué que Questerre, qui possède plusieurs permis d’exploration gazière au Québec, allait miser sur ses autres actifs pétroliers et gaziers, situés dans l’Ouest canadien Jeudi dernier, au lendemain de son assermentation, la nouvelle ministre péquiste des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a déclaré qu’elle ne voyait pas le jour où la fracturation hydraulique – la méthode employée pour extraire le gaz de schiste – allait se faire de manière sécuritaire.

«Il y a déjà un moratoire au Québec, a rappelé le dirigeant de Questerre. Alors les commentaires de la ministre à propos d’un moratoire (permanent) n’ont pas d’impact sur notre plan d’affaires.»

Michael Binnion s’est tout de même dit déçu que Mme Ouellet ne croie pas en la sûreté des «techniques modernes» de forage.

 

Selon lui, ce point de vue est «ironique» puisque le Québec consomme chaque jour environ un demi-milliard de pieds cubes de gaz naturel produit dans l’Ouest du pays au moyen de cette «technologie éprouvée».

M. Binnion s’est dit «particulièrement déçu» de ce qu’il perçoit comme une tentative de la part de Martine Ouellet d’«exercer une influence indue» sur les résultats de l’évaluation environnementale stratégique (EES) en cours depuis l’année dernière.

Il est allé jusqu’à inviter Mme Ouellet à se rendre en Alberta afin de «voir comment le gaz naturel moderne est développé de manière sûre aujourd’hui».

Mais en entrevue à Radio-Canada, lundi matin, la ministre est demeurée ferme, réitérant que le moratoire actuellement en vigueur allait être maintenu pour l’avenir prévisible.

Elle a raconté s’être rendue en Pennsylvanie pour constater directement l’«impact sur le terrain» de l’exploitation du gaz de schiste. Elle a parlé de «risques extrêmement importants», en ce qui a trait notamment à la contamination des eaux souterraines.

Alors qu’un comité mis en place par le précédent gouvernement poursuit l’EES sur le gaz de schiste, Martine Ouellet a martelé lundi que des études avaient déjà conclu aux dangers du gaz de schiste pour l’environnement, semblant ainsi minimiser la pertinence de l’exercice en cours.

Elle a ouvert une petite porte en affirmant que pour envisager une légalisation du gaz de schiste, le «fardeau de la preuve» reposerait sur l’industrie. Mais le ton général de son propos était sans équivoque.

«Le gaz de schiste au Québec, ce n’est pas comme en Alberta, a noté la ministre. C’est dans la vallée du Saint-Laurent, un territoire habité où il y a de l’agriculture. Et l’agriculture, c’est du développement économique.»

L’action de Questerre a perdu quatre pour cent lundi pour clôturer à 72 cents, à la Bourse de Toronto. Le titre de l’autre entreprise très présente dans le secteur du gaz de schiste au Québec, Junex (TSX:JNX), a quant à lui progressé de 5,9 pour cent pour terminer la séance à 72 cents.

le Québec donne l’exemple

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Article tiré du Devoir (LeDevoir.ca):

Gaz de schiste: l’exemple québécois

Le Québec a ouvert la voie à la mobilisation mondiale contre l’exploitation de la ressource, selon l’AQLPA

 
Le Québec a donné l’exemple à un grand nombre de pays qui se sont mobilisés, samedi, contre l’industrie des gaz de schiste, se réjouit André Bélisle de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) au lendemain de la toute première journée internationale contre la fracturation hydraulique.

« Il y a beaucoup de pays, dont la France, qui se sont inspirés de ce qui s’est passé au Québec », affirme l’environnementaliste qui a été le tout premier au Québec à lever le voile sur les dangers liés à l’industrie du gaz de schiste et à réclamer un moratoire. « Ils ont vu la résistance qui se faisait ici, au Québec, et ça s’est répandu comme une traînée de poudre. »
Le Québec – et plus particulièrement l’AQLPA – a également été un acteur de premier plan dans la concrétisation d’un réseau de résistance mondiale aux gaz de schiste. C’est à Rio, pendant le Sommet des peuples qui se déroulait en parallèle à la conférence Rio + 20 des Nations unies au mois de juin, que se sont rencontrés une poignée de groupes québécois, européens et américains pour faire du 22 septembre la journée internationale contre la fracturation hydraulique. Grâce au Web, ils ont été chercher des appuis un peu partout sur la planète et quelque 40 pays ont participé samedi à cette journée de lutte mondiale.
« La communauté internationale se réveille suite à la stratégie internationale des gazières et pétrolières de prendre tout le monde de vitesse, incluant les gouvernements et les citoyens, au mépris même de leur sécurité », affirme André Bélisle.
Au Québec, l’événement coïncidait avec l’assemblée annuelle du Regroupement des comités de citoyens opposés au gaz de schiste qui avait lieu à Drummondville. Près d’une centaine de comités de citoyens et une dizaine d’organisations, y compris des gens de la Gaspésie qui s’opposent à l’exploitation du pétrole de schiste, se sont donc réunis à Drummondville pour une « manifestation symbolique », selon André Bélisle. Il a profité de l’occasion pour féliciter le gouvernement de Pauline Marois qui a « respecté son engagement » en réaffirmant sa volonté d’imposer un véritable moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. « Nous accueillons cette annonce avec beaucoup de satisfaction, mais nous ne serons satisfaits que lorsqu’il y aura un décret officiel attestant du moratoire », affirme-t-il, prudent.
Quant à la déclaration de Lucien Bouchard, président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, qui affirmait vendredi que le PQ « sème la confusion » en voulant imposer un moratoire, André Bélisle ne mâche pas ses mots : « Lucien Bouchard manque de classe de façon gênante. Il ne peut pas prétendre défendre les intérêts du Québec, il est payé par l’industrie et travaille pour les intérêts des compagnies. Il défend l’intérêt de l’industrie, pas celui des Québécois. »
De son côté, Serge Fortier, coordonnateur du Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent, dit avoir hâte, pour une fois, de « travailler avec, et non pas contre, le gouvernement », ce qui représente un changement majeur pour les comités de citoyens qui concentreront désormais leurs efforts à discréditer le travail du lobby de l’industrie. « Les militants ont l’impression que leurs efforts mènent à quelque chose de positif, mais nous allons rester vigilants, parce qu’il y a une différence entre vouloir faire quelque chose et être capable de le faire ». Il espère que, pour cette fois, tous les parlementaires vont unir leur voix pour mettre un terme définitif à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste.

 

VIGILANCE !

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Article tiré de radiocanada.ca: Voir aussi le reportage visuel à http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2012/09/22/001-congres-gaz-schiste-drumondville.shtml

Gaz de schiste : les opposants réjouis, mais vigilants

Mise à jour le samedi 22 septembre 2012 à 19 h 18 HAE
 

Gaz de schiste

Dans le cadre de la première Journée internationale contre la fracturation hydraulique, des groupes opposés à l’exploitation du gaz de schiste sont réunis à Drummondville.

Le congrès rassemble notamment le Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent, l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique et la Coalition pour une gestion responsable de l’eau Eau Secours.

Cette rencontre fait écho à des rencontres similaires dans une quarantaine de villes dans le monde contre l’exploitation du gaz de schiste.

Jeudi, la nouvelle ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a déclaré qu’elle ne voyait pas le jour où l’on pourrait exploiter le gaz de schiste de façon sécuritaire.

« C’est ce qu’on a demandé, on est réjouis, mais on ne baisse pas les bras parce que ce n’est pas encore fait. Et on voit qu’il y a beaucoup d’opposition auprès du lobby pétrolier et gazier et même auprès de l’opposition officielle, qui est l’ancien parti qui nous a mis entre les pattes le gaz de schiste. »,a indiqué Serge Fortier, du regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent, pour expliquer la position les groupes présents à cette rencontre.

Les opposants au gaz de schiste auraient voulu l’adoption d’un moratoire complet pour que la question soit classée.

Le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, a déploré cette déclaration. Selon lui, le gouvernement devance les conclusions du Comité de l’évaluation environnementale stratégique (EES) sur le gaz de schiste, mis en place l’année dernière.

La ministre Ouellet a indiqué qu’elle souhaitait confier au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) la réalisation de l’évaluation actuellement en cours. Elle veut aussi élargir le mandat de l’étude et y faire contribuer davantage d’« intervenants indépendants ».

Un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste est en vigueur au Québec au moins jusqu’à la publication du rapport final de l’EES, prévue à la fin de 2013.